Journée Mondiale de Prévention du Suicide

Témoignage d'un Suicidaire

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Journée Mondiale de Prévention du Suicide

Hello les gens !

Ce 10 Septembre, nous sommes à la Journée Mondiale de Prévention du Suicide, après de longues journées de réflexion, j'ai décidé de prendre le clavier pour faire un article sur le sujet.

J'vais être franc, c'est pas un truc fun, ce sera un témoignage autour du sujet, mais aussi de la prévention, cet article sera donc composé en plusieurs parties, une autour de ma descente aux enfers qui m'a amené à tenter de m'ôter la vie, et une seconde plus préventive, avec des conseils, des liens vers des services qui pourront aider ceux qui en ont besoin, bref tout le truc habituel.

Si vous vous sentez pas de lire la première partie, je comprendrai, et vous invite donc à aller rush l'image d'Ikki du Phénix qui servira à marquer la fin du passage sous Content Warning.

Âmes sensibles s'abstenir

Je vous mets un peu de contexte, je sortais de mon DUT Informatique, qui fut assez compliqué, Burnout durant le Projet de Synthèse car je bossais tout seul sur un truc où on était censé être à 4, dépression qui s'en est suivie, Bore out à mon premier job car je m'y faisais chier comme pas permis (le seul "challenge" technique en un an c'était pour restaurer toutes les datas d'un Cabinet d'avocats qui a bouffé un Ransomware en scrappant toutes leurs boîtes mail pour reconstruire tous leurs dossiers), et je viens de quitter le Pays Basque direction Bordeaux en Mai 2017.

J'y suis arrivé en tant que Développeur Web Fullstack, j'ai vécu 6 mois dans un AirBNB, puis 6 mois dans un petit appart miteux au bord de l'Hypercentre de Bordeaux, où c'était tellement le zbeul que même moi qui ai le sommeil lourd j'arrivais pas à fermer l’œil, avant d'enfin m'installer au printemps 2018 dans une colocation à Mérignac avec un ancien camarade de DUT.

Maintenant on va arriver aux problèmes, déjà être Dev, ça paye pas, j'étais payé le minimum du minimum légal, j'arrivais à 8h, j'ai arrêté de compter les pauses dej que j'ai sauté pour assurer le coup au taff, et je partais vers 17h (bref j'enchaînais des journées de 9h de code non stop).

Si vous taffez dans l'informatique, vous vous doutez que j'ai eu droit au fameux "t'as pris ton aprèm ?", phrase bien courante dans les ESN (anciennement les SSII), mais qui sous couvert de blague est une forme de harcèlement moral ordinaire, et dîtes vous que ça c'était rien, une partie de mon management s'acharnait littéralement sur moi, des amis qui sont arrivés dans cette même boîte (certains parmi vous se reconnaîtront) ont été approchés par ces mêmes membres du management pour tenter de les retourner contre moi, afin de me foutre la pression, me presser comme un Citron.

Comme j'ai dit, on était en ESN, mais pas une des "bienveillantes", en admettant que cela existe, on était dans une de ces usines à viande, celles qui prennent les jeunes techos qui sortent d'étude, et les broient jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien, et vous l'aurez deviné, c'est ce qui m'est arrivé.

En parallèle de ça j'étais streamer dans une Web-TV et rédacteur pour son site Web, et au sein de l'équipe l'ambiance était pas toute rose non plus, le Rédac Chef ayant tendance à faire des manoeuvres pour tenter de "lisser" le style de tout le monde pour se rapprocher d'un JVC, y compris en modifiant en douce les Articles et Reviews des rédacteurs les plus "sévères" sans l'accord des Rédacteurs.

Et de plus, quand j'ai osé m'exprimer sur le Burnout, car j'ai fini évidemment par aller en arrêt maladie à cause de cela, j'ai fini par m'exprimer sur ce sujet, ce qui a amené à des discussions houleuses avec ma famille, amenant à une coupure de communications entre eux et moi pendant quasiment un an, car certaines de leurs paroles étaient déplacées autour du sujet.

Pendant tout ce temps, des amis ont tenté d'en finir, et j'étais constamment là pour eux, j'ai défoncé des portes pour empêcher des personnes à qui je tenais de mettre fin à leurs jours, répondant à chaque appel à l'aide, mais je refusais moi même d'appeler à l'aide, gardant mes souffrances pour moi au maximum.

Ce qui me maintenait à flot c'était quoi ? La création de contenu et le GN, ma copine de l'époque m'ayant fait entrer au sein de la FCF, le fameux GN Vampire dont on a plusieurs fois parlé avec Aemind, c'était pas forcément rose, mais j'arrivais encore à mettre un pas devant l'autre, je me détruisais la santé au taff, fumais quasi deux paquets de clopes par jour, et buvais assez de café pour me causer un ulcère (m'obligeant à stopper le café pendant plus d'un mois après que j'ai repeint le lavabo de la salle de bain en rouge).

Malheureusement c'était pas fini, à mon retour d'arrêt maladie, mon management me mettait toujours plus de pression, à l'entretien annuel qui a eu lieu moins de deux semaines après mon retour on me reprochait une "baisse de productivité" (normal j'étais un mort en sursis), ma copine m'a trompé pendant des mois, bref j'étais dans la pente la plus glissante de ma vie, et n'arrivais plus à freiner.

Puis vint un beau jour, j'avais quitté mon ex, j'avais quitté cette boîte, ai été dans une autre, mais les dommage que la boîte précédente avait causés étaient tellement grands que j'arrivais plus à coder, même ouvrir un terminal suffisait à me causer des crises d'angoisse (oui oui, un Linuxien convaincu qui angoissait juste en voyant un terminal), finissant ainsi au chômage, sans "gros" revenu, gagnant à peine assez pour payer mon loyer et à bouffer, jusqu'à ce triste jour en fin d'hiver 2019.

J'ai pris ma voiture, me suis garé à Bordeaux Lac, suis sorti, et me dirigeais à pieds en direction du Pont d'Aquitaine, le plus haut pont de Bordeaux, pour faire le grand saut et en finir.

Mon orga de GN vivait pas loin, j'avais choisi ce lieu pour m'assurer d'y passer, mais peut être qu'inconsciemment c'était aussi pour appeler à l'aide, je saurais pas dire, même autant de temps après, toujours est il que cette dernière m'a vu, et étant au courant de ce qu'il se passait dans ma vie, elle avait compris.

Elle m'a chopé par le colbaque pour m'empêcher de faire le Grand Saut et rencontrer Hel (bon techniquement j'avais eu plusieurs EMI à mon actif et ai frôlé la mort pas mal de fois quand j'étais plus jeune), et m'a amené par la Peau du Fiac en GN à Angers, afin d'enchaîner Road Trip (elle savait mon amour caché pour la route), afin de totalement me changer les idées, et me faire entamer une lente et difficile reconstruction.

Même si on a eu des coups durs elle et moi, même si ya eu des moments où on a été brouillés, même si on est plus tellement en contact aujourd'hui, je lui dois la vie et lui en suis redevable, et la remercie encore 7 ans après ces tristes événements qui m'ont amené au bord du gouffre.

J'ai voulu retenter de rencontrer Hel quelques années après, en hiver 2022, avant mon retour au Pays Basque, c'est d'ailleurs parce que j'ai retenté que je suis retourné sur mes Terres d'Origine, mais aujourd'hui ça va mieux, même si j'ai encore quelques séquelles de tout ça, cela reste des cicatrices intérieures qui ne s'effaceront jamais réellement.

Ayé vous pouvez reprendre votre lecture si vous avez sauté le passage précédent

Je vous rassure aujourd'hui ça va beaucoup mieux, certes c'est pas tout rose, certes je continue de lutter contre la dépression, surtout au vu des coups durs de ces derniers temps (adieu Projet Québec, j'vais pas vous mentir ça m'a mis un coup au moral), mais comparé aux périodes précédentes de ma life, j'ai rarement autant pété le feu qu'aujourd'hui.

Je me suis remis au sport alors que j'ai dû arrêté en 2011 suite à un accident qui m'a niqué un genou, j'ai fini par peindre des figurines (bon ok j'ai pas repeint depuis fin 2024 et mon dernier arrêt maladie pour burnout, mais promis j'y travaille pour m'y remettre sérieusement), je me suis posé, recentré sur moi, et SURTOUT, j'ai enfin fini par appeler à l'aide.

Si même Sangoku arrive à appeler à l'aide pour que tous fassent face à un problème, alors vous aussi vous pouvez le faire

Appeler à l'aide, je crois bien que c'est la chose la plus dure que j'ai eu à faire dans ma vie, moi qui ai toujours eu l'habitude d'être là pour les autres, mais ai jamais su être celui qui avait besoin d'aide, du coup c'est quelque chose que clairement je savais pas faire, et si vous traversez une phase sombre, je comprends que cela peut être difficile d'appeler à l'aide.

Si jamais vous traversez ce genre de phase, rappelez vous que vous n'êtes pas seuls, appeler à l'aide c'est difficile, mais n'hésitez surtout pas à le faire, si vous ne pouvez pas le faire autour de vous pour X ou Y raison, peu importe la raison, sachez qu'il existe plusieurs services en France pour cela, en toute confidentialité.

Et oui, même le Mercenaire Disert peut avoir besoin d'aide

Tout d'abord il existe l’association Nightline France, qui lutte activement pour la santé mentale des jeunes en France, et propose un service gratuit d'écoute tous les soirs de 21h à 2h30 du matin, que ce soit par téléphone au 0 809 104 104 ou par tchat écrit via leur site.

En France nous avons également un Numéro National de Prévention du Suicide, je vous invite vivement à l'appeler si jamais vous en ressentez le besoin, il s'agit du 3114.

Enfin, on m'a récemment conseillé le site de la Psychologue clinicienne et psychothérapeute et autrice Fanny Terrisse, présente également sur Instagram (pour ceux qui comme moi refusent de mettre les pieds sur ce site, vous avez storiesig.info qui peut servir de Proxy gratuit et sans abonnement, mettez juste le lien du compte Insta de Fanny et c'est good), où elle fait énormément de Vulgarisation et produit des ressources pertinentes autours de divers sujets Psy que je vous conseille vivement.

Mais surtout, rappelez vous d'une chose, vous n'êtes pas seuls face à vos problèmes, et n'hésitez surtout pas à appeler à l'aide, une main vous sera toujours tendue, cela peut être un proche, cela peut être un inconnu sur internet, cela peut être un professionnel, faîtes comme vous le sentez, mais demandez de l'aide.