Pégases 2026
Les français ont du talent
Hello les gens !
Comme chaque année, j'ai restreamé et regardé en direct la Cérémonie des Pégases 2026, une cérémonie organisée par l'Académie des Arts et Techniques du Jeu-Vidéo !
Cette année fut riche en surprise, et particulièrement satisfaisante, avec une excellente sélection, et d'excellents jeux primés (avec un certain plaisir non dissimulé quant à certains lauréats), de plus, pour une fois c'est pas un jeu qui a tout raflé, ce qui change pas mal des années précédentes.

Pour ceux qui sont curieux sur cette Cérémonie, oui le vote est décidé par un jury composé des membres de l'Académie, dont je fais partie, et comme TOUTES les autres cérémonies du même genre (oui, même les Game Awards, cf leur FAQ, donc argument invalide quand on me dit qu'il y a un vote du public, il compte pour peanuts).
Evidemment cette édition a été riche en teasing, avec des jeux récents, mais également de futures sorties qui ont été montrées que voici :
- Painted Kingdoms: Tower Defense & Firefighting, un jeu où on va "peindre" nittre Royaume que l'on devra ensuite défendre face à des vagues d'ennemis et surtout du feu, un jeu de construction et défense de base au gros potentiel, tout en étant magnifique visuellement
- Wonderfall, un platformer d'aventure et d'exploration, combiné à des mécaniques d'infiltration, qui nous emmène dans un Paris consumé par l'Entropie en 1920 tandis que nous apprenons nous mêmes à maîtriser nos capacités liées au sabke formé par la la dite Entropie
- TOKENS, un deckbuilder roguelite aux airs de Morpion (ou Tic-Tac-Toe) avec des jetons à double face qui m'intrigue pas mal
- After the Wane,, le prochain Visual Novel de Nova-Box, un studio qui est parmi mes chouchous vidéo-ludiques dont j'offre des jeux à la moindre occasion tellement leur plume, leur style graphique et leurs musiques sont sous-côtées à mon sens
- Sintopia, un mélange entre God Game et City Builder où on gère littéralement l'Enfer, non sans ajouter une énorme dose d'humour avec des éléments comme un strip club de Succubes ou des machines de torture psychologique sur les pêcheurs liées aux 7 pêchés capitaux avant de les renvoyer dans le Monde des Vivants une fois qu'ils se seront repentis
- Tides of Tomorrow 🌊, un FPS narratif par les développeurs de Road 96 où nos choix vont non seulement définir la suite de notre aventure, mais également influencer l'histoire de joueurs qui passeront après nous, créant ainsi à sa manière une certaine richesse narrative, à surveiller, car je suis très curieux de comment ce sera implémenter
- ENDLESS™ Legend 2, le fameux 4X d'Amplitude dont je vous ai déjà parlé sur ce blog, et qui m'a clairement marqué cette année, a passé une tête afin de fêter les 15 ans du studio Amplitude
- Rayman: 30th Anniversary Edition, car à défaut de tenter une nouvelle fois de ressusciter la licence qui a fait sa renommée pour ma génération, Ubi a fait ce petit bundle pour les 30 ans de l'homme sans bras le plus célèbre de l'histoire du jeu-vidéo avec une compilation des 5 versions du jeu d'origine, ses prototypes, des niveaux bonus créés par la commu, et un making-of, mais sans la VF ni les Musiques iconiques de feu Rémi Gazel qui nous a quitté en 2019
La Team Women In Games France a également annoncé la création du Hall of Femmes, un musée virtuel du jeu vidéo sur Minecraft co-créé avec Endorah, afin de mettre en lumière les femmes qui ont marqué le jeu-vidéo, que ce soit des développeuses, des designeuses, des compétitrices esport ou des créatrices de contenu, car effectivement, le JV est un milieu à l'image trop masculine en 2026 alors qu'il y a autant de joueuses que de joueurs, et il faut mettre cela en avant, surtout dans le cadre de la Journée Internationale des Luttes des Droits des Femmes qui a lieu le 8 Mars chaque année.

Nous avons également eu droit à un hommage émouvant envers David Mekersa, décédé le 18 décembre dernier à l'âge de 54 ans à Biarritz. Le discours fut lu par Fabien Delpiano, game designer chez Pastagames, afin de rendre hommage à celui qui a été dirigeant de Casual Box (un studio spécialisé dans les jeux "casus"), mais également un homme qui aimait partager, qui aimait sa passion, qui a vécu en France, au Vietnam, au Portugal et au Pays Basque, il a été cofondateur de Push Start, l'association des professionnels du JV en Occitanie, et également Gamecodeur, une école en distanciel et en libre accès afin d'apprendre à tout un chacun à devenir Game Developer. Cette école lui survivra, et continuera de former de futurs développeurs, perpétuant ainsi son héritage dans le paysage vidéo-ludique français.

Mais je me doute que ce qui vous intéresse réellement est la liste des Lauréats de cette année, comme j'ai dit, la concurrence fut très rude, avec deux catégories où nous avions eu des ex-aequo au premier tour, amenant du coup la liste des nommés à 4 au lieu de 3 pour ce second tour :
- Personnalité de l’année : Alexis Garavaryan, le PDG de Kepler Interactive
- Meilleur jeu vidéo étranger : Hades II sans aucune surprise
- Meilleur jeu vidéo indépendant étranger : Hollow Knight Silksong sans aucune surprise non plus
- Meilleur jeu vidéo mobile étranger : The Storyteller, le seul de la liste à ne pas être un portage d'un jeu existant sur PC et/ou consoles
- Meilleur jeu vidéo étudiant : Candellum, développé par les étudiants de ISART DIGITAL
- Au-delà du jeu vidéo : Wednesdays, un jeu parlant des VSS envers les enfants, les développeurs ayant avoué que plusieurs d'entre eux en ont été victimes, et voir la parole se libérer sur le sujet et être abordée dans le JV me fait grandement plaisir, surtout si peu de temps après l'affaire Betharram (qui a eu lieu dans mon département de naissance)
- Excellence visuelle : Clair Obscur Expedition 33, évidemment je m'y attendais, j'admets que le jeu est magnifique
- Meilleur univers sonore : Clair Obscur Expedition 33, encore, qui certes a d'excellents morceaux mais on m'a "un poil" saoulé avec elles malheureusement ce qui m'a empêché d'en profiter à leur juste valeur
- Excellence narrative : Clair Obscur Expedition 33, bon on s'en doutait pour lui, l'histoire abordant des thématiques très fortes, avec même des dialogues secondaires qui je l'admets m'ont plus que marqué
- Meilleur game design : Absolum, un jeu dont j'ai également parlé sur ce blog, qui maîtrise parfaitement le rôle du beat'em'up tout en lui donnant un sacré coup de jeune
- Meilleure innovation technologique : Rematch, j'ai beau détester le Foot, ce jeu le mérite amplement, les équipes de SloClap ayant montré une parfaite maîtrise du corps humain dans Absolver et SiFu (deux jeux d'arts martiaux) et ont su retranscrire leurs compétences acquises dans un jeu de foot, à vrai dire je regrette juste le manque de mode contre des bots pour s'entrainer au calme
- Meilleure accessibilité : Wednesdays, avec ses tintes pastel et son interface claire, il possède un gameplay simple et accessible à la portée de tous
- Meilleur service d’exploitation : Ravenswatch, un de mes chouchous de l'an dernier qui a reçu un suivi exceptionnel, et les développeurs ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin car ils ont déjà annoncé leur Roadmap 2026, en leur souhaitant que la situation délicate dans laquelle se trouve Nacon, leur éditeur, ne tue pas leurs efforts dans l'oeuf
- Meilleur premier jeu vidéo : The Rogue Prince of Persia, qui est effectivement le "premier jeu vidéo" entièrement développé par Evil Empire, le studio qui a produit les DLC de Dead Cells, un jeu initialement produit par Motion Twin, dont le gameplay est parfaitement maîtrisé, on y retrouve un gameplay "pur Dead Cells" avec les mécaniques de parcours que l'on connait sur Prince of Persia depuis 1989
- Meilleur jeu vidéo mobile : Les Murmures du Soleil, un jeu produit par Biscuit Blaster, un solo dev qui a tenu à sortir un jeu accessible aux personnes atteintes de hendicap visuel et se joue essentiellement au son, où on incarne un père de famille aveugle à la recherche de sa femme avec l'aide de ses enfants (gros câlin télépathique à Biscuit Blaster qui m'a énormément touché durant la remise du prix plus que mérité)
- Meilleur jeu vidéo indépendant : Absolum, mon chouchou de la sélection cette année, qui repart donc avec deux titres et un petit "Syndiquez vous" qui m'aura fait hurler de rire en live
- Meilleur jeu de l'année : Clair Obscur Expedition 33, on s'en doutait, qui repart donc avec de quoi garnir une nouvelle étagère à trophées, non content d'avoir battu Elden Ring sur le nombre de récompenses obtenues
Pour fêter tout ça, il y a ce weekend une promo sur de nombreux jeux qui ont été dans les nommés aux Pégases sur les années précédentes, je vous invite vivement à y jeter un oeil, car il y a de sacrés perles dans le lot : https://store.steampowered.com/sale/PegasesCeremony2026

Et pour finir, Guillaume Broche, cofondateur et PDG de Sandfall Interactive a tenu à mettre en avant un certain nombre de jeux qui ont "volé quelques milliers d'heures" aux développeurs du studio durant le développement de Clair Obscur Expedition 33, et je ne peux QUE valider sa liste :
- Shinobi: Art of Vengeance, digne héritier des jeux précédents de la licence, nous place dans un jeu d'action 2D aussi beau que difficile, mettant à rude épreuve vos reflexes aussi bien que vos capacités à réfléchir vite
- Absolum que je vais arrêter de présenter sinon on va croire qu'ils me sponsorisent
- Roboquest, dont je vous ai parlé il y a fort longtemps durant son early access, qui a reçu énormément de patchs entre temps et sur lequel je prends moi même toujours autant de plaisir
- Rematch, j'ai jamais vu une boîte de devs où ça jouait pas à des jeux de foot, donc sans surprise le jeu de SloClap a pas mal d'heures de vol au compteur chez les montpelliérains
- Windblown, dernier né de chez Motion Twin, un jeu d'action roguelite coopératif allant jusqu'à 3 joueurs, il faudra que j'y jette un oeil à l'occasion