Cairn
Esprit Kaizen !!!
Hello les gens !
Après nous avoir fait roter du sang dans Furi, et nous avoir fait explorer la vie de couple avec Haven, les petits sudistes de chez Game Bakers sont de retour, cette fois avec un jeu d'alpinisme au doux nom de Cairn !

Le jeu nous place aux commande d'Aava, une alpiniste chevronnée (et pieds nus), qui part pour gravir le mont Kami, dont personne n'est jamais revenu (faut dire aussi que personne n'a atteint le sommet), équipée de son sac à dos, et accompagnée de son petit Climbot, un robot araignée qui sert à la fois à tenir la corde (mais pas de paracorde), à réparer les pitons qu'on aurait pu casser, et à recycler les déchets (le bon alpiniste est écolo) pour nous donner de la magnésie, et fait accessoirement boîte vocale pour nous faire écouter les messages que nos proches nous envoient pendant notre ascension.
Le jeu se veut "open world", dans le sens où toute la montagne s'offre à nous, après un tuto dans une salle d'escalade (je vous invite à faire les 8 murs de la salle et pas juste les 3 du tuto) le jeu nous envoie faire une première grimpette sur le mont Tenzen pour ensuite attaquer la vraie escalade du Kami, afin de nous apprendre à bien évaluer nos futures ascensions pour aller de bivouac en bivouac, ceux ci servant de points de sauvegarde, et de points où fait se reposer notre personnage pour qu'elle puisse manger et pioncer en paix.

Cairn se veut avant tout relativement réaliste, nous obligeant à bien planifier nos chemins, à observer la paroi que l'on souhaite grimper pour gérer notre ascension, avec une prise en main qui se fait membre par membre, le jeu gérant pour nous quel membre bouger en premier pour continuer d'avancer, même si par moments le choix fait par le jeu peut sembler illogique quand on a déjà fait de l'escalade (en salle pour ma part), le mouvement des membres étant libre, on va régulièrement avoir la sensation que notre perso va se faire une triple luxation de la rotule au vu des positions de contorsionniste qu'on lui fait prendre.
Mais Cairn c'est aussi un jeu de survie, on doit apprendre à gérer notre énergie, s'assurer d'avoir à manger et à boire au fur et à mesure qu'on grimpe le mont Kami, et faire attention à bien assurer notre chemin en posant régulièrement des pitons (ce qui lance un mini jeu d'adresse qui casse le piton si on le pose pas parfaitement, option désactivable si vous la trouvez trop frustrante vu la faible quantité de pitons qu'on a), et également chercher entre deux grimpes de l'eau et de quoi manger afin de toujours avoir des provisions dans le sac.

Cette gestion de ressources s'avère donc un point central de notre aventure, et la préparation d'infusions à partir des plantes trouvées en chemin peut nous obtenir des buffs temporaires afin de faciliter les prochaines minutes de grimpe, comme un boost d’endurance, de résistance au froid, ou bien utiliser la magnésie (qu'on produit en recyclant les déchets qu'on produit ou trouvés par terre) pour obtenir une bien meilleure adhérence pendant quelques précieuses secondes afin de mieux négocier un passage compliqué.
Si comme moi vous êtes amoureux de la montagne, le jeu saura également ravir votre rétine, il est juste magnifique, et optimisé pour tourner même sur des configurations modestes, et les parois contiennent juste ce qu'il faut de détails pour nous aider à identifier les chemins "grimpables" sans non plus nous surcharger visuellement, se contentant d'offrir juste ce qu'il faut pour assurer le travail.

Au niveau son, c'est peut être parce que je joue sur Linux, mais certaines zones semblent avoir des soucis de rendu sonore, transformant les sons en une bouillie auditive qui ruine les tympans, surtout lorsqu'on est proches d'une cascade ou d'une rivière, mais dès qu'on s'éloigne de ces points, le sound design du jeu nous plonge directement dans une ambiance très "nature", nous laissant seuls contempler la montagne que l'on gravit, le tout servi par une OST composée à 6 mains par Martin Stig Andersen (LIMBO, INSIDE, Control), Gildaa (premier job) et The Toxic Avenger (FURI), bande son à la fois trop discrète pendant notre ascension, mais également magistrale, servant à donner de la grandeur pour les passages clés de notre ascension.
Cairn n'est pas un jeu pour énervé (sacré grand écart quand on compare à Furi), mais un jeu où il vous faut être patient, attentif à votre environnement, il est dur, et chaque arrivée vers un nouveau bivouac est vécu comme une récompense de nos durs efforts, si on omet la frustration causée par certains passages où la détection automatique du membre suivant à bouger fait nawak, et le flingage de tympans causé par la bouillie sonore entendue à certains passages, c'est un jeu qui se veut aussi satisfaisant qu'exigeant, et les petits gars de Game Bakers ont su montrer qu'ils n'ont rien perdu de leur savoir faire.
Cairn est dispo pour une trentaine d'euros sur Steam : https://store.steampowered.com/app/1588550/Cairn/